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Les clés de la réussite du vin corse à Bordeaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Jerry Monmessin du Pirate à Erbalunga, Georges Billon du Cala Rossa àPorto vecchio

 

Zone de Texte: Franchi du CIV et Christophe Giraud, du Bouchon à Bastia, une équipe qui s'est mise en quatre pendant le Vinexpo, pour servir le meilleur de la gastronomie insulaire, accompagnée des crus indispensables.
	(Photo C. L.)

 

 

Vinexpo range ses bouteilles à 17 heures aujourd'hui. Dans ce festival de Cannes du vin, où l'anglais domine outrageusement, la Corse a incontestablement su tirer son épingle du jeu. Sans dire que l’ile a fait un feu d'artifice, tous les observateurs sur le stand du conseil interprofessionnel des vins de Corse (CIVC) saluent le métier de nos vignerons et la qualité de leurs vins.

« Il y a dix ans lors d'un congrès en Italie, je martelais que small is beautiful, annonce Michel Bourqui, de l'office international du vin, organisation intergouvernementale. La Corse a compris cela : elle soigne son identité, elle a une histoire. La communication de masse ne sert à rien, on ne peut pas créer une marque dans le vin. Qui, dans la rue, peut vraiment citer un domaine viticole plus qu'un autre ? La Corse, elle, réussit à organiser la rencontre entre le produit et le consommateur et ici cela se passe, entre autre, avec cet excellent restaurant. » L'île sait contrôler son image, celle-ci devient communication et marketing. Le professeur Anthony Spawton, expert justement en marketing du vin, enfonce le clou « avec 100 000 nouvelles marques par an, il règne une confusion inégalée. C'est le marketing qui vend la première bouteille, l'œnologue la seconde »

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320 000 hectolitres produits et vendus en 2008

Quelques minutes avant une discussion avec une cliente finlandaise, Eric Mialhe, directeur export et marketing de l'union des vignerons de l'île de Beauté confie « C'est à la fois facile et difficile de vendre du vin corse. Facile car ce sont des vins de niche recherchés. Difficile car il faut parvenir à faire la différenciation. Sur l'Allemagne nous sommes présents depuis 20 ans et on vend maintenant jusqu'à 1,5 million de bouteilles. »

Mais conquérir les autres marchés est ardu, poursuit Alain Salles, directeur général de l'Uvib. Au Québec, on a un manque de visibilité par exemple : nous sommes sur le même rayon que les Madiran, les Cahors, tout... Du coup, à Vinexpo nous avons rencontré les confrères de Provence et on va peut-être imaginer une action commune pour sortir du lot ». Ce sont ces petits détails mis bout à bout qui font sortir le vin corse du lot. Et pour en revenir à la Belle Province, Marc Imbert, du domaine Torraccia affichait, lui, hier après-midi, une vraie satisfaction après sa rencontre avec des acheteurs Québecquois.

Les dix vignerons présents à Bordeaux durant ces cinq jours ont choyé leur clientèle mais aussi capté, parmi les 40 000 visiteurs, du « passage ». Tel ce caviste installé à Aix-en-Provence et à Marseille : «J'ai déjà des vins corses mais ce sont ceux que l'on trouve dans la grande distribution alors je veux autre chose pour ma clientèle qui est assez gourmande. Les blancs sont très sympas. Pour les rouges, c'est autre chose, ceux de l'année ont des tanins marqués, on sent qu'il faut attendre. Enfin, j'espère que l'on fera affaire. » Pourtant ce caviste devrait savoir qu'il ne faut pas trop attendre. Car sur 320 000 hectolitres produits en 2008, contre 350 000 en 2007, la Corse sait qu'elle vendra tout. Parce que la demande est désormais entretenue. La rareté aussi. Jean-Marc Venturi, président du CIVC, annonçait il y a quelques jours : « Si on produisait 500 000 hl, on pourrait sans doute les vendre. »

Faute de nouveaux droits de plantation (il ne faut pas rêver), la Corse se contente d'être un Petit Poucet heureux au milieu des géants du vin. Et beaucoup de propriétaires, de regroupements viticoles, aimeraient, ce soir, sortir du Vinexpo avec le même sourire que la délégation corse. Rendez-vous dans deux ans

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CHRISTOPHE LAURENT